Les expositions canines

Les expositions en France (et dans bien d’autres pays d'Europe) avaient à l’origine pour but de sélectionner des individus en vue de la reproduction et de présenter les meilleurs sujets au grand public. Indéniablement, elles ont sauvé des races en voie de disparition.
Les expositions sont ensuite devenues de véritables shows, passage obligé pour les éleveurs qui veulent devenir acteurs de la race. Cette notion de spectacle (et la nécessité de rentabiliser ces manifestations, autant pour les organisateurs que pour les participants) a fait naître le type "beauté" basé sur uniquement des critères esthétiques, avec une dérive plus ou moins importante, selon les races, vers l'hypertype.
Le public s'est maintenant habitué à des "caricatures" de races, et poussé par la mode, est devenu friand de records en tous genres (le plus petit, le plus grand, le plus poilu, le plus original...).
Peu sujet à l'engouement du grand public, le lévrier écossais a gardé dans certains pays son aspect originel ou presque, ce qui en fait un chien relativement préservé. Il convient, plus que jamais, de rester vigilant afin qu'il le reste.

 

 

une jeune scottish deerhound (lévrier écossais) aux allures, avec son handler, lors d'une exposition.

Les critères

La conformité du chien au standard de race

C'est la vérification que le chien possède les qualités et caractéristiques de la race évoqués dans le Standard de race (voir fiche suivante).
Les défauts, s'ils existent, sont évalués : manque de type, défaut léger, défaut rédhibitoire (qui ne permettra pas au chien d'être confirmé*) comme une dentition incomplète, des couleurs non autorisées, etc.

Sa prestance, son allure sur le ring

Parfois lié à la taille du chien, ce critère qui récompense  les «ᅠ chiens qui ont du chienᅠ », bien qu'à mille lieues des mérites de l’ancien chasseur qu’était le deerhound, devient essentiel quand il est sélectionné pour être présenté au public.

La présentation de son propriétaire

Dans le cadre d’un show, cette notion est tout à fait légitime, c’est un vrai travail en amont, qui va demander au maître d'investir du temps et de rôder son chien sur plusieurs manifestations avant d'être au point. La présence éventuelle sur le ring d'honneur, très prisé par le public pour les sélections de meilleur de groupe puis pour le meilleur de l'expo, exige un minimum de panache !

Le toilettage du chien

Certaines modes de présentation interdisent à un propriétaire de présenter un chien

« ᅠnaturelᅠ » (propre mais sans coupe destinée à mettre en valeur sa morphologie).

Le deerhound, bien que rustique par nature,  n'échappe pas à cette tendance qui n'a cependant pas la faveur de tous les juges ni de tous les propriétaires. Certains propriétaires aiment raccourcir et effiler le poil de leur deerhound, voire les épiler comme on peut le voir systématiquement maintenant chez l'Irish.
Nous préférons quant à nous les voir présentés plus naturels, comme en Angleterre.
Démêler ses poils, le débarrasser des poils morts, lui épiler les oreilles pour retirer le duvet qui les masque, restent quand même un minimum.

 

La valeur des titres

Dans les races peu représentées, le nombre d’individus présents réduit  singulièrement les mérites des "titres" puisqu’un 1er excellent CACS ou CACIB peut parfaitement être attribué au seul deerhound engagé ce jour là. Restera la valeur du qualificatif "excellent", même s'il faut bien admettre qu'en France ce qualificatif est donné assez généreusement par rapport à d'autres pays.

De plus, il n'est pas rare que le chien classé premier un jour soit le dernier le lendemain. Ceci mérite réflexion et devrait inciter à prendre le recul nécessaire devant les très bons résultats tout comme les plus mauvais d'ailleurs.
L'interprétation du standard sera différente d'un juge à l'autre : tel juge n'acceptera aucun chien, par exemple, avec des yeux clairs ou de grandes oreilles, d'autres seront plus souples. En dehors de critères précis et mesurables, il reste l'impression générale que donne le chien et cela est nettement moins quantifiable.
Les types de deerhound peuvent varier selon les pays et certains juges étrangers, avec un œil différent du nôtre, pourront surprendre par leurs jugements.

Dans les races "rares" ou à faibles effectifs, la difficulté consiste à trouver des juges qui connaissent suffisamment la race pour la juger en pleine connaissance de cause : un beau lévrier ne fera par forcément un beau deerhound. L'élégance d'un long cou, par exemple, n'est pas souhaitable pour le deerhound.

 

Trucs et astuces d'habitués
Un peu de stratégie ne nuit point.

Présenter en expo est un investissement non négligeable : il faut exposer "utile" et ne pas perdre son temps ! Ce raisonnement est légitime, ô combien pour les éleveurs ! Certes...  mais voilà de quoi quand même bien écorner la valeur de certains titres :
- Engager où il y a peu de monde (petites expos, petits pays), où l'on ne craindra pas la concurrence de tel ou tel chien qui passe systématiquement devant le vôtre,
- éviter ou privilégier tel ou tel juge dont on connaît les goûts (n'aime que les grands chiens, ou ne juge qu'à la démarche, est bienveillant avec ses connaissances, ou, ou …)

-  les petits arrangements entre amis : je te laisse champ libre dans telle classe, tu me laisses cette classe (chacun évitant de présenter de bons sujets pouvant barrer le titre recherché à l'autre) : et hop ! à chacun sa coupe… à charge de revanche !

 

Classe travail

Le chien de travail (voir fiche suivante PVL et ENC) peine à trouver sa place au sein des expositions, en tout cas dans certains groupes. I l fait même parfois carrément l’objet d’une ségrégation de la part de juges.

Il a été créé une classe spéciale dite de travail qui exige des résultats parfois difficiles à obtenir, dans les races à faibles effectifs.

en savoir plus

http://www.scc.asso.fr/Engagement-en-classe-travail

 

 

 

 

   Risques liés à ce type de sélection

Le problème dans les expos est qu'elles ne rendent visible qu'une petite partie du cheptel et ce de façon bien incomplète car les critères de santé, d'adéquation physique et comportementale avec le type originel sont absents.

Un patrimoine génétique pauvre

(on ne fait reproduire que les "champions"
des 5 à 10 % entre eux, fixant ainsi un type "expo", avec ses qualités comme ses défauts ou ses maladies)

 

Une augmentation progressive de la taille

déjà constatée dans la plupart des races. Les deerhounds qui chassaient faisaient 10 cm de moins qu'aujourd'hui. Plus les chiens sont grands, moins ils vivent longtemps.
voir fiche "Hypertype" dans la page A propos de

 

Une évolution vers l'hypertype

Encore plus élégant, encore plus grand, encore plus mince, encore plus altier, etc. Le deerhound, comme les autres lévriers,  y perdra peu à peu sa spécificité au sein du 10e groupe.

 

L'absence de prise en compte
de facteurs essentiels

Comme la bonne santé, la longévité, et même leur capacité à courir correctement (un comble pour un lévrier)

Apparition de nouveaux types

Chercher l'originalité à tout prix pour vendre et céder à la tentation de croiser avec d’autres races pour obtenir artificiellement d’autres couleurs par exemple.

 

 

  • certificat de naissance

    Le certificat de naissance atteste les origines du chiot né de parents inscrits à un Livre des Origines (français ou étranger).
    Pour un chiot né en France, ce certificat délivré par la SCC après la déclaration de saillie puis de naissances des chiots par l'éleveur et vous sera remis par celui-ci.

    Pour être inscrit définitivement au LOF  et obtenir son pedigree définitif, le chien devra satisfaire à l'examen de confirmation.

    w SCC

  • pédigree définitif

    Le pedigree définitif est nécessaire pour faire des portées et prétendre à des chiots inscrits au LOF, pour obtenir le brevet de PVL ou d'ENC (voir pages travail).
    Comme le certificat provisoire, il présente la généalogie du chien sur 3 générations.

     

    w

     

     

    SCC

  • qui participe ?

    Tous les chiens inscrits au LOF peuvent être engagés en exposition de beauté.
    Cependant, c'est seulement 5 à 10 % du cheptel deerhound qui est exposé régulièrement et en majorité par les éleveurs.

  • où et comment participer

    La liste annuelle des manifestations est proposée sous forme de PDF téléchargeable par la SCC
    http://www.scc.asso.fr/Calendriers-papier,178


    L'engagement peut se faire en ligne par l'intermédiaire de sites comme :

    http://www.cedia.fr/

     

    Les résultats d'expositions sont consultables sur le même site et seront parfois très instructifs. (expositions canines depuis 2006)

  • pourquoi participer aux expos ?

    - Pour présenter la race au grand public,
    surtout s'il s'agit d'une race à faibles effectifs,
    ce qui est le cas du Lévrier écossais.

    Force est de constater cependant que le public se raréfie d'année en année et se tourne plus volontiers vers des manifestations à thèmes.

    - Pour repartir avec l'avis écrit du juge
    (ce qu'il a aimé, ce qu'il a moins aimé) et le confronter aux jugements déjà reçus ou à venir.
    Les observations récurrentes vous donneront une idée précise de ce que vaut réellement votre chien.

     

    - Pour rencontrer d'autres passionnés de la race

     

    - Pour voir d'autres spécimens de la race (particulièrement s'il s'agit d'une race à faibles effectifs : vous n'en rencontrerez guère d'autres

    ailleurs)

     

    - Pour décrocher un titre, rapporter une coupe, un flot,

     

    - ᅠAccessoirement, pour participer à la sociabilisation de votre chien (foule, autres chiens, étrangers)

  • les expos il y a plus de 100 ans...

    Léon Corbin, écrivait en 1913 dans le Sport universel :

     

    "Disons tout d'abord que le classement opéré par M. Van Muylen (qui jugeait aussi les deerhounds), avec M. Caron comme assesseur, a été approuvé à l'unanimité. Comme on le sait, M. Van Muylen établit ses jugements d'après un type de chien imaginaire si l'on veut, mais bien défini, et classe les animaux qui lui sont présentés d'après la façon dont ils se rapprochent plus ou moins de ce type. C'est un système excellent, puisqu'il ne subit en rien les différentes variations que pourrait vouloir imposer la mode. Celle-ci n'a rien à faire au sujet d'une race qui est, avant tout, une race de sport en son pays et qui, espérons-le, va bientôt le devenir dans le nôtre."

     

    M. Corbin serait bien déçu de voir que ce n'est hélas pas cette option qui a été choisie dans la plupart des pays d'Europe.

     

    voir également cet article de 1865 - La Revue Française (expositions et lévriers) en page Ressources bibliographiques.

     

 

Scottish Deerhounds pour les bleus